Le plus VIP des aigris
Tout salaud qu'on soit, on n'est pas moins naïf et susceptible de déceptions.
Pierre Desproges
Tout ça, pour ça.
Quatre ans que je bosse comme un acharné, sans aucune reconnaissance. Quatre ans que je ne boucle plus mes fins de mois, que le banquier me court après pour "régulariser ma situation" mais quatre ans que je lui permets de manger à sa fain grâce à tous les "intérêts débiteurs" et tous les "frais d'intervention" qu'il vient me ponctionner. Quatre ans que j'accélère le pas devant mon agence immobilière, pour ne pas croiser un ou une de ses responsables. Quatre ans que je redoute le fait d'ouvrir ma boîte aux lettres. Quatre ans que je culpabilise en insérant ma Mastercard dans la Game Boy, ou plutôt la Game Pay, en allant faire le plein, de carburant ou de nourriture. Quatre ans que j'enchaine les festivals, les concerts et les soirées électro, parce que pendant ce temps, au moins, on ne pense à rien d'autre qu'à l'effet bénéfique de la musique sur son corps, dans son mental, dans son cœur, dans ses tripes. Quatre ans que je tisse un réseau de contacts, dans un milieu om règne les faux-semblants, le népotisme et la fourberie.Quatre ans que je me cultive, que je progresse, que je tente de m'améliorer pour en arriver là. Quatre ans que j'exècre cette vie.
Il serait peut-être temps que tout cela s'arrête, que la sérénité, enfin, envahisse mon corps et mon esprit ou tout simplement que plus rien du tout n'envahisse mon corps, sauf peut-être une roue de locomotive, un poison quelconque, ou l'un des rochers qui jonche les piliers d'un pont.
Oh je sais, cette prose n'est pas très réfléchie, ni même digne de moi, pour ceux qui me connaissent. Mais ce sont ces pensées qui sont en train de noircir mon âme, comme l'encre noircit le buvard. Et un jour, demain, dans un mois ou dans un an, elles auront pris le contrôle de mes actes. Et pour tout le monde, tout redeviendra comme avant… paisible.
