Comme disait Jean Yanne, qui n'était pas un philosophe, mais qui avait souvent le verbe juste, la solitude ne veut pas forcément dire isolement. Ce n'est pas parce qu'on est seul qu'on est mal. L'inverse se vérifie aussi, malheureusement et je le constate en ce moment.
ELLE n'est pas là, ou plutôt "elle" n'est plus là. En pleine fatigue nerveuse, en plein "burn-out", elle est partie se ressourcer près des siens, de sa famille, de ses racines. Car oui, l'être humain est comme les arbres, quand il n'a presque plus de sève, il doit aller chercher au plus profond de ses racines pour continuer à vivre. Reconnaissons-le, on a tous, à un moment donné, eu besoin de sa famille dans les moments où ça n'allait pas. J'en ai eu besoin, en tout cas, et pourtant je trouve plus de vertus dans les liens de l'amitié que dans ceux de la famille. Aujourd'hui c'est elle qui en a besoin et alors que je pensais pouvoir rester indépendant, malgré tous les sentiments qui m'envahissent chaque jour un peu plus, je me rends compte que j'ai besoin d'elle.
Aujourd'hui, donc, elle est loin et je ne la reverrais pas avant un bon moment. Et moi, je me sens seul, malgré tous mes amis autour de moi, mes journées de boulot aussi denses que fatigantes, je me sens perdu, sans but, je me sens comme vide… Chaque journée qui commence est une page blanche, face à laquelle je me sens comme l'écrivain en panne d'inspiration.